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Mr LEVASSEUR : L’OISE : des Personnages
Il y avait de remarquables personnages
Qui occupaient pleinement le paysage
Qui s’agitaient tout au long du rivage
Et chacun dans sa partie, se montrait à son avantage.
André DECARPENTRIES nous initiait à l’art de la godille
Dans une coque de noix issue de sa flottille
Au début, c’était loin d’être une torpille
C’est un coup à prendre, ce n’est pas de la broutille.
André faisait preuve d’une grande patience,
Nous, d’une solide persévérance.
Il y avait Robert CAILLEUX qui de l’extrémité de son avancée
Apprenait dans l’élément liquide à évoluer.
Et du fait de sa profonde conviction,
A formé de talentueux tritons.
Aussi il y avait peu de personnes en difficulté,
Car si quelqu’un présentait un malaise passager,
Il y avait souvent un nageur expérimenté,
Pour intervenir et le rassurer.
On remarquait la prestance de Monsieur Martel,
Qui, après mise à l’eau de son esquif,
Se propulsait par de vigoureux coups de pelles,
Traçant un scintillant sillage, bien calé sur son skif.
Nous aurions aimé faire aussi bien,
Mais nous n’avions pas le même maintien.
De toute façon, nous n’avions pas les moyens,
Aussi, nous nous contentions de notre quotidien.
Il y avait Monsieur Bon, hardi nautonier
Qui s’était fait une spécialité :
Le repérage de bois à la dérive, à récupérer
Qui, ensuite, scié, débité,
Correctement aligné, était stocké
Et, une fois séché,
Assurait son chauffage pour toute l’année.
N’oublions pas Monsieur Alexandre, le scaphandrier,
Qui quelquefois était sollicité
A l’appel de l’éclusier
Quand le fonctionnement des portes était perturbé
Par une roche qui avait glissé
Ou un tronc d’arbre immergé qui s’était encastré.
Nous assistions, béats, à le voir s’équiper
De lourdes chaussures plombées.
Sur les épaules, une collerette lestée,
Une fois la combinaison ajustée
Et le hublot de son casque, correctement vissé.
Il fallait pomper pour qu’il puisse respirer.
Et, quand son assistant nous permettait d’actionner la pompe à air,
Nous étions tout fiers.
Comme il était limité, son champ d’action !
Tributaire du tuyau de ventilation
Et de la corde de liaison,
Mais cela permettait quand même une intervention
Et quand il remontait de sa plongée,
Monsieur Alexandre, d’un air taquin,
Nous lançait tout joyeux et amusé :
Alors, ça vous a plu, les alevins ?
N’oublions surtout pas la famille BELLANGER
Toujours à l’écoute de la vie de la cité
Par exemple, le si sympathique papa BELLANGER
Pêcheur hautement qualifié
Bichonnant particulièrement sa société
Montrant la marche à suivre, tout fier
En sortant de magnifiques pièces de la rivière
Et que dire de GEORGES, son fiston ?
Qui avec sa caméra qui n’était pas cachée
Fixait sur la pellicule, des nageurs, les évolutions
Laissant de joyeux souvenirs, pour la postérité
C’était les bateaux qui se lançaient un défi
Rythmé par la fanfare, le Réveil d’ERAGNY.
Il y avait la traversée de l’Oise à la nage
Ou le meilleur se montrait à son avantage
Il y avait la course au canard
Qui laissait une grande place au hasard
C’était donc hautement folklorique
Ces passionnantes joutes aquatiques
Monsieur BELLANGER n’oubliait pas la manœuvre des pompiers
Qui offrait un spectacle des plus discipliné
Et lorsque Mr BELLANGER nous faisait l’honneur d’une projection
Nous appréciions de nous voir, avec délectation.
Il y avait Mr DEMON, marinier de son état,
Pilotant son automoteur sur tout le pays plat.
Et lors de ses brèves escales à Eragny
Aimait nous faire part de ses péripéties,
Les bancs de sables qui se déplaçaient
Obligeant le pilote à se tenir aux aguets.
Monsieur DEMON aimait tellement son métier
Qu’il se considérait comme perpétuel vacancier.
Nous aimions converser avec lui
Il nous donnait un véritable cours de géographie
Concernant les voies navigables
Expliqué de façon tellement agréable.
On croyait voir les effets du MASCARET
On se voyait emprunter le canal à RIQUET,
Quand au canal de NANTES à BREST
On le situait, assurément plein OUEST.
Sans oublier le canal de la MARNE au RHIN
Qui se développe à l’est du Bassin PARISIEN
Et le célèbre canal de BRIARE
Offrant l’aspect d’une véritable œuvre d’art.
Nous comprenions, grâce à Mr DEMON,
Et ses généreuses explications,
L’impact de la navigation.
Nous faisant rêver, à de fabuleuses expéditions,
HENRI, le fils de Mr DEMON, qui prit la suite
Fut tout aussi explicite.
On comprend donc, l’importance de notre rivière,
Sillonnée fréquemment, été comme hiver.